Le Cas surprenant des Miracles Ordinaires
Helen Green Ceramix Raku Pieces
Pour Helen, les cuissons raku et en fosse sont de véritables rituel-performances, et toujours des événements participatifs. Les créations délicatement façonnées sont confiées aux caprices d’un four unique, et lorsqu’ils en ressortent, ils révèlent une transformation fascinante, peintes par le feu.
Notre Grande Cuisson en Fosse Annuel
En 12 heures de cuisson en fosse ces objets prennent leurs couleurs lorsqu’ils sont incandescents, qui sont fixées lors du refroidissement. Ils sont ainsi “peints par le feu”.
Une cuisson en fosse s’apparente pour moi à un rituel. La préparation est soigneuse, l’évènement est participatif et il est toujours un moment d’anticipation et de transformation. Les résultats de la cuisson sont uniques et imprévisibles. On redécouvre nos œuvres, initialement toutes blanches, dorénavant parées de couleurs.
Ces cuissons sont un hommage au feu, une quête de pièces uniques, une performance artistique et un rituel. Autour de la fosse nous préparons méticuleusement notre Acte, emballant nos pièces d’algues et de peaux de bananes. Notre Maître-feu se charge de construire l’architecture du brasier et de tout brûler en une fois sans ajout de combustible, pendant 12H.
La température monte aux alentours de 1000°C. Le feu, immense et vivant, nous enveloppe. Nous restons devant, fascinés. Nous pensons à l’argile, au bois, au feu, à l’eau ; à ceux qui ont travaillé l’argile, passés et présents; à ceux qui nous ont transmis leur savoir et à ceux qui contribuent à ce millésime unique.
L’argile très chaude est dilatée et capte les fumées issues de la combustion de divers matières (du bois de taille ou de récupération des ébénistes locaux, puis des algues de mer, peaux de bananes, bambou, marc de café, coquilles d’oeuf, crottins de chèvre…). Ainsi les œuvres se parent de nouvelles teintes avant que les pores se referment pour fixer le tableau peint par les flammes.
Nous ne faisons qu’une seule grande cuisson par an, laissant le temps au lieu de se régénérer et le temps de récolter du bois de taille ou de récupération des ébénistes locaux.
A chaque cuisson, en accord avec le rituel, des figurines sont créées spontanément par tous les participants et font figure de "gardiens du feu,” certaines survivent, d’autres explosent, laissant derrière elles une étrange galerie de Moaï, étoiles de mer, mammouths miniatures et barques absurdes...
Découvrir le texte poétique de Marie Jo Danthony Guérin sur notre cuisson en fosse !
Cuisson à la Fosse
“ Sous l’oeil de la face nord du Pic et la protection du vieux chêne, un rituel s’organise … LIRE LA SUITE
Raku Ritual
"Dans l’esprit du raku, il faut embrasser l’élément de surprise, ne pas avoir peur de perdre ce qui était prévu et il faut vouloir grandir avec la découverte de l’inconnu. Dans l’esprit du raku: ne demandez rien, ne vous attendez à rien, ne suivez pas de programme absolu, soyez assuré par le changement, apprenez à accepter une autre solution et enfin, pariez de préférence sur votre intuition. Le raku nous offre une comprehension profonde de ces qualités de la poterie qui sont d’une nature plus spirituelle, de pots fait par l’être humain qui est prêt à créer des objets qui ont un sens aussi bien qu’une fonction.” - Paul Soldner, 1973
Le Raku remonte à une technique traditionnelle de fabrication de tasses de thé (tournage, bisque-cuisson, émaillage et submersion du pot incandescent dans l’eau). Méthode que Paul Soldner a plus récemment adopée et transformée (voir citation ci-dessous).
Une cuisson Raku s’apparente aussi à un rituel. Les objets sont enlevés d’un four bien chaud (approx. 950°C). Ils sont toujours incandescents. A ce moment là, les pièces se transforment, elles peuvent noircir dans de la sciure enflammée, l’émail peut craqueler et ‘chanter’ ou même subir une réduction donnant des finitions métallisées. Puis les objets se refroidissent, les effets sont piégés et ainsi nait un cas surprenant de miracle ordinaire.
C’est donc la genèse de l’objet raku qui le définit et j’aime quand les pièces sont fabriquées avec une telle spontanéité que les gestes et l’élan sont palpables. Pour moi, les pièces de raku devraient être faites avec une telle spontanéité que les gestes et les impulsions soient palpables. Nous devrions abandonner nos attentes et être attentifs à ce qui émerge et dans une célébration de l'inattendu, nous pouvons apprécier des cas surprenants de miracles ordinaires.
